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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 14:21

 

Le-soleil-pleurait-001-copie-1.jpg

Ernest Pépin

 

C’est le titre du nouveau roman d’Ernest Pépin qui, pour l’occasion, délaisse sa Guadeloupe natale pour explorer la terre et le peuple d’Haïti. Pourquoi un tel choix semblez-vous dire ?

Pourquoi pas, semble t’il répondre. Après tout, Haïti n’est-il pas dans l’imaginaire de tous les peuples caribéens ?  L’auteur semble nous annoncer combien il est  important d’être en relation avec cet imaginaire commun. L’auteur prend comme thème un acte inqualifiable, sans nom : le kidnaping.

Régina, fille de Marie-Soleil, est kidnapée, victime d’un enlèvement tout simplement parce qu’elle est mulâtresse. Elle apprendra, au péril de sa vie, que la couleur de peau peut être une méprise. Pour les ravisseurs, la mulâtresse est forcément la fille d’un blanc. Mais un blanc est-il forcément riche ? On vivra les heures cauchemardesques de cette jeune fille de 18 ans (petite fille à l’équerre, au fil à plomb, tout sauf une dévergondée) qui n’a jamais connu son père, à part Fanfan, buveur invétéré qui « prend souvent des petits plaisirs de gorge ».

Marie-Soleil, l’héroïne de ce roman femme vaillante comme toutes ces femmes qui se démènera pour trouver la somme astronomique de cinq mille dollars, s’interroge sur Haïti. « J’aimerais savoir ce qu’on nous fait payer ! Où allons-nous ?  Tout ce qu’elle sait c’est Haïti ne mérite pas ça et elle non plus »

L’écriveur-raconteur va dans un petit village perdu pour apprendre beaucoup sur la vie extraordinaire de Marie-Soleil. Nous sommes alors en plein réel merveilleux. Des chiens vont aller jusqu’à mieux agir que les hommes. « Nous les chiens, lorsque nous avons appris cette abomination, nous nous sommes regroupés pour trouver une solution. Si les hommes s’avéraient incapables de régler leurs problèmes, il nous appartenait de le faire à leur place. » Le pays est-il si « en chien » pour laisser à des non humains le soin de régler les problèmes quotidiens ? Tout au long du roman nous sommes interpellés par des réflexions pour tenter de comprendre ce drame que vit  Marie-Soleil et Haïti. Cet amour vécu avec un prêtre n’est il pas la malédiction qui poursuit Marie-Soleil ? Cet acte de rébellion de Haïti où les esclaves pour la première fois se sont élevés pour proclamer leur liberté n’est il l’objet de leur « malheur d’audjourd’hui » ?

L’écriveur-raconteur nous fait découvrir la poésie, lui qui est « un assemblage de mots. Une machine qui parle toute seule pour meubler le silence de la mort ». Il nous dit « je suis la nuit quand elle délire, le soleil quand il pleure et la pluie quand elle tisse la vie ». Plongé donc dans les larmes de cet-écriveur-raconteur assurément pas peut-être vous en sortirez éblouis et fasciné par ce pays qui n’a pas fini de nous émouvoir comme ces mots de Davertige « Elle avait des yeux d’outre-mer quand je l’aimais, je me suis longtemps attardé comme les algues à pieds de songes sur la margelle de sa présence… »

Les éditions Vents d’Ailleurs nous offre encore une fois un beau et bon livre avec ce « Le soleil pleurait » d’Ernest Pépin

 

 

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