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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 18:29

Nicole CAGE

« D’îles je suis suivi de Où irait mon cri ?

 

Nicole Cage nous propose son cri pour réaffirmer son origine. Beaucoup semblent oublier que celle qui nous livre ce nouveau recueil a déjà été récompensée plusieurs fois à l’extérieur, rappelons qu’elle a reçu en 1996 le  Prix Casa de las Americas, pour le recueil de poèmes-jeunesse Arc en ciel. L'espoir, en 2002 le Prix Oe Neu Mi de poésie, République de Macédoine et en 2006 le Prix Gros Sel (Belgique), pour C'est vole que je vole.

C’est donc une écrivaine et une poétesse d’une valeur sûre mais qui ne semble pas être apprécié dans son pays. Son dernier spectacle en mai à l’occasion de la commémoration de la mort de Aimé Césaire n’avait pas déplacé la grande malgré la grande qualité de ce moment et des intervenants qui l’entouraient. Visiblement elle n’est pas épargnée par le vieil adage « nul n’est prophète dans son pays » quand on est de surcroît poétesse il semble que cela soit plus lourd à porter.

Cependant, elle affirme contre vents et marées :    

Je suis d’ici, de ce lieu, isidan, Je suis de là, c'est-à-dire de nulle part. Nulle part de sérénité, nulle part de quiétude, pièce d’horizon d’espérance, nulle part de paisible bonheur, à l’ombre du Fromager de la sagesse….

Elle vient de ces îles naturellement tumultueuses

« Je suis d’îles, D’îles volcans, D’îles tempêtes, D’îles séisme, D’îles lilliputiennes, D’iles grandiloquentes. »

Ce qui fait d’elle naturellement d’Eau :

«  Je suis d’eaux, D’eau morte croupissante, Dans la geôle d’une rivière, D’eau vive jaillissante d’une cascade de Terre-mer et de terre de mangrove. »

     Pourtant le peuple semble ignorer et la poétesse nous dit :

« Ce peuple ne sait pas aimer, Comment m’aimerait-il moi, Dont il ignore tout, L’essentiel en un mot ! »

Au-delà de ce cri d’incompréhension, la poétesse adresse son cri par la deuxième partie de son ouvrage sous forme d’interrogation : Où irait mon cri ?

Elle adresse son cri cette fois, à l’Aimé par le truchement d’une belle lettre à Birago Diop puis dans un rap imparfait qui nous avec perfection la détresse devant la perte de son poète phare. La poétesse est « comme un chant qui se meurt, La débâcle d’un cœur, Un pays sous boussole, Perdu sans ta parole ».

Elle nous donne rendez-vous vendredi 22 juin à 19h00 A LIVRE OUVERT à la Bibliothèque municipale de Schoelcher à l’anse madame avec un accompagnement musical. Vous êtes attendu nombreux pour la soutenir car cet ouvrage, parut aux éditions « Le chasseur abstrait » lui revient finalement très cher. C’est une auto-production  et votre présence va certainement l’encourager en tout cas sera un soutien à cette grande discrète (par la force de choses) de la littérature martiniquaise.

 

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