Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 16:01

Souvenirs d’un Marron

Jean-Charles PAMPHILE

 

 

La Bibliothèque municipale de Schoelcher poursuit ses animations autour du livre avec A LIVRE OUVERT. Depuis plus de 15 ans cette rencontre littéraire est devenue une véritable institution. Vendredi dernier, autour de l’écrivain Jean-Charles Pamphile et les deux tomes de son livre « Souvenirs de marrons » les lecteurs en compagnie de Kolo Barts ont passé un agréablement moment.

 

 

Parler  de l’esclavage est toujours périlleux. Beaucoup ont une réaction de déjà entendu ou d’autres par gêne ne veulent pas en entendre parler.

Lorsque l’on entre dans l’ouvrage de Jean-Charles Pamphile dès les premières pages le lecteur est agréablement surpris du procédé relativement simple utilisé par l’auteur.

Sous un manguier un homme solitaire est rejoint d’abord par un jeune colon pour fêter « la liberté ». Le mot est lâché : LIBERTE.

Qui est libre aujourd’hui ?

De quelle liberté parle t’on ?

La liberté peut elle vécu selon que l’on soit ancien esclavagiste ou esclave ?

J-C Pamphile a consacré deux tomes au sujet puisque Souvenirs d’un Marron nous rapporte d’abord les conditions de la « La traversée » dans un premier temps, puis la condition de « L’affranchi » aujourd’hui.

Dans les mois qui viennent cette question sera sans doute à l’ordre du jour des partisans du 27 avril 1848 ou de ceux du 22 mai 1848. Dates importantes de notre histoire dont nous ne pouvons pas en faire l’économie.

 

Les interventions musicales de Kolo Barts ont permis surtout l’ouverture d’une vanne émotionnelle tout en poésie qui assurément a facilité une écoute plus humaniste. L’auteur nous disait « il ne faut pas se battre contre le vent mais s’en appuyer pour voguer dans l’humanité ».

Avec Souvenirs d’un Marron dès le premier tome le lecteur vit aux rythmes trépidant d’une traversée où l’on découvre cette horrible exploitation de l’homme par l’homme que fut la traite négrière avec son cortège de violence mais curieusement d’humanité. Car curieusement notre héros va par ses manières d’agir faire la démonstration patente de cette humanité. A tel point qu’il va sauver et secourir l’un de ses bourreaux. Celui-ci sera « touché » par ce geste de celui qu’il considérait comme une vulgaire marchandise faisant parti de son « lot » de bois d’ébène.

 

Cet écrivain qui est parti de conditions très modeste s’est construit au fil des évènements de la vie pour obtenir sa maîtrise d’anglais et surtout cette bonne maîtrise de la langue française qui nous permet de lire agréablement à propos d’un sujet à priori rébarbatif.

JC Pamphile en écrivain majeur va nous faire voyager dans un univers à priori hostile grâce à une imagination débordante. On suit de manière haletante les différentes péripéties du héros qui se voit confier une mission, celle de devenir « Papa feuille ». Nous sommes embarqués dans un monde onirique ou les apparitions vécues par le héros nous semblent si vraisemblable en tous cas ne laissent pas indifférents dans les différents cauchemars du héros. Le suspense est au détour de chaque chapitre ou nous progressons rapidement pour connaître la suite de l’histoire. Dès lors que l’on est embarqué dans l’histoire nous ne voyons pas l’heure passer et nous arrivons rapidement au bout de 220 pages au douzième chapitre prêt à plonger à nouveau dans le deuxième tome qu’est l’Affranchi.

Comme l’enfant émerveillé par les mots du conteur nous sommes pris par cette magie qui nous permet tout en faisant connaissance de certains éléments historiques sur des notes de bas de pages pour des noms, des lieux etc.. de réfléchir sur le comportement humain en général très loin d’une posture manichéenne blanc/noir : esclavagiste/ esclave nous sommes tout simplement confronté à l’humanité qui vient paradoxalement de groupes jugé infra-humains.

Plongez donc dans les deux tomes de Souvenirs d’un Marron, assurément vous vous en souviendrez à l’issue de cette lecture passionnante et ludique à la fois de ce que fut cette horrible expérience humaine.

 

 

 

 

 

 

 

Jid

 

 

 

 

 

P1110862.JPG

Partager cet article
Repost0
16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 00:40

souvenirs-d-un-marron.jpg

Partager cet article
Repost0
16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 00:12

9livresPENSER LE ZOUK

 

Synthèse

 

 

 

En 2010, un groupement d’artistes martiniquais, « Culture zouk » a déclaré l’année, année du zouk ; « 2010, Année du zouk ».

Il invitait tout un chacun en Martinique à mener des actions valorisant la culture du zouk.

Un groupe d’universitaires-chercheurs martiniquais, résidant en Martinique et à l’étranger, a répondu positivement à cette invitation dénotant une intention de responsabilité et d’action probante.

 

 

Le symposium pluridisciplinaire, « Penser le zouk », a été pensé, organisé et dirigé par Hanétha Vété-Congolo dans le cadre de, « 2010, Année du zouk ».

 

Toutes les sessions l’ayant composé se sont déroulées du 9 avril 2010 au 26 novembre 2010 à la Bibliothèque Schœlcher de Martinique.

 

Une retraite du comité scientifique de « Penser le zouk » s’est effectuée le 20 décembre 2010 à l’Habitation Clément de la ville du François, grâce au soutien bienveillant de la ville du François et de sa mairie.

 

Un tel symposium exclusivement sur la musique populaire moderne produite en Martinique n’avait jamais été tenu.

Pour le Comité scientifique, la tenue du symposium a constitué un acte et une prise de responsabilité consciente sur le plan de la connaissance et du savoir sûrs signifiants, et constructifs sur la Martinique.

 

Pourquoi penser le zouk 

S’étant manifesté au public à la fin des années soixante-dix, le zouk qui procède de l’ingéniosité artistique et créatrice de Martiniquais et de Guadeloupéens, est survenu dans des sociétés en transmutation économique, politique, sociologique et psychosociologique. Bousculant les idées admises sur les concepts, la représentativité et la représentation de l’identité et de la culture ; contribuant de manière inattendue à situer la Martinique et la Guadeloupe dans leur ère postmoderne et constituant irréversiblement le phénomène témoignant le plus patemment de la gémination des rythmes du passé et de ceux envisageables à l’avenir ; le zouk a, dès son introduction, constitué un stimulus provoquant des réactions extrêmes articulées discursivement par la génération la plus adulte. Les réactions sont à ce jour vives mais surtout dichotomiques et indiquent les états d’esprits générationnels. Il est de même commun que le zouk soit préjudicié au profit de formes musicales allochtones. Pourtant, cette manifestation culturelle présente d’une part, une homothétie culturelle et identitaire directe puisqu’elle prend source dans le centre homothétique traditionnel et d’autre part, elle survient comme survinrent en leur temps les attributs qui distinguent la personnalité martiniquaise et guadeloupéenne, soit de manière imprévisible, étonnamment grandiloquente, confondante et originale. Ainsi, dans le contexte de la société martiniquaise de plus en plus en relation élargie avec le monde globalisé, il est essentiel d’en étudier les linéaments, d’en examiner la signifiance sur le plan culturel, sociologique, philosophique, ethnologique, économique et psychologique.

 

 

 

 

 

Comité scientifique

La présidente du Comité scientifique est :

Hanétha Vété-Congolo

 

Le Comité scientifique est composé de six (6) membres.

 

Les membres du Comité scientifique sont :

  • Dominique Cyrille (Ethnomusicologue, Lehman College CUNY, New York USA/Université des Antilles et de la Guyane, Guadeloupe)
  • Patricia Donatien-Yssa (Caribéaniste-angliciste, Université des Antilles et de la Guyane, Martinique)
  • Juliette Sméralda (Sociologue, Université des Antilles et de la Guyane, Martinique)
  • Jean-Georges Chali (Comparatiste-caribéaniste, Université des Antilles et de la Guyane, Martinique)
  • Olivier Pulvar (Sociologue, Université des Antilles et de la Guyane, Martinique)
  • Hanétha Vété-Congolo (Africaniste, caribéaniste, francophoniste, comparatiste, Bowdoin College, Maine, USA).

 

Intervenants

Marie-Denise Grangenois

Jocelyne Béroard

Wilfrid Fontaine

Harry Diboula

Gabriel Cibrelis

Dominique Cyrille

Patricia Donatien-Yssa

Juliette Sméralda

Jean-Georges Chali

Olivier Pulvar

Hanétha Vété-Congolo

 

 

Communications scientifiques

Cinq communications sur six programmées ont été faites dans des champs de recherche universitaires se situant dans les sciences de l’Homme, c’est-à-dire dans les disciplines académiques des sciences sociales et des sciences humaines.

 

 

Communications et objets :

  • La musique créole : un marqueur de l’identité 

Cette intervention a démontré que le zouk est une adaptation nouvelle, heureuse, productive et créatrice de ce que savaient faire les aînés dans les bals des casinos. Les agents du zouk ont su démontrer une grande capacité progressiste et combinatoire d’alliance signifiante entre l’ancien et le nouveau pour l’équilibre et l’identification culturelle. Le zouk s’inscrit dans la continuité d’une tradition ancrée et ainsi, bien que produit postmoderne, il est syllogistiquement un produit traditionnel.

 

  • Zouk et communication : marquer le monde en musique à l’ère de la grande écoute 

Cette intervention a démontré la manière selon laquelle, dans le monde de marchandisation, de grande communication, de standardisation et d’uniformisation le zouk maintient le spécifique tout en assurant la relation avec les modèles standardisés.

 

 

  • La femme et l’homme du zouk : vers une vision postmoderne de la relation ou l’‘envisonnement’ d’une socialité autre ? 

Cette intervention a proposé une critique thématique de textes de zouk traitant de la question de la relation entre l’homme et la femme pour en cerner les signifiances discursives et les implications sur le plan de l’imaginaire, du conscient, de l’inconscient, du symbolique, de la sociatrie et de la psychologie de même que pour en situer la valeur épistémologique et herméneutique. Elle a montré en quoi le zouk se fait l’agent de développement psycho-social personnel et collectif postmoderne et ce en quoi il est un agent constructeur ou un indicateur de la socialité martiniquaise.

 

  • Le zouk : courroie de transmission de malaises qui ne sont pas « exportables? 

Cette intervention a proposé une analyse sociologique des « problématiques » traitées dans et par le zouk, en prenant en compte les catégories générationnelles qui les traitent et les modes de traitements auxquels ces générations soumettent ces problématiques.

 

  • Ti-bwa, chacha et tanboudibas dans la zoukans : l’identité d’hier dans l’identité d’aujourd’hui  
Cette intervention a mis en évidence la manière selon laquelle la formation particulière du zouk a répondu aux caractéristiques singulières marquant indéniablement les propriétés identifiantes intrinsèques aux peuples de Martinique et de Guadeloupe. Elle a démontré combien les perceptions ayant conduit à la longue mésestime publique du zouk procèdent du fourvoiement.

 

Rencontres

En plus de ces communications universitaires, se sont tenues une table ronde avec des interprètes et des compositeurs de zouk (Jocelyne Béroard, Harry Diboula, Wilfrid Fontaine) et une rencontre littéraire présentant le roman de Judes Duranty, Zouki : d’ici danse.

 

Conclusion

Le Comité scientifique invitait à une parallaxe, soit à un changement de perspective sur le zouk. Les travaux fournis et les discussions durant le symposium lui ont permis de parvenir à cela. Les travaux ont permis de spécifier et de préciser des éléments constitutifs de la culture du zouk. La valeur épistémologique du zouk a été mise en avant.

 

Le public a été nombreux lors de toutes les sessions et a ainsi démontré qu’il existe une problématique du zouk d’intérêt.

L’un des faits marquant dont le symposium a permis l’identification est la passion ressentie pour les questions liées au zouk. Le zouk ne laisse pas indifférent et les positions le valorisant ou le dépréciant sont extrêmes. Cela s’est manifesté amplement lors des interventions du public. Cette attitude vis-à-vis du zouk rend la recherche sur le sujet urgente et indispensable d’autant plus que malgré le rejet encore audible, le zouk est parvenu au fleurissement autonome et s’est impatronisé. Il s’est posé en institution culturelle.

 

La présence soutenue durant l’année du public martiniquais est sans doute un indice de la volonté populaire d’impulser les métamorphoses productrices et d’agir fermement en faveur de l’amplification des attributs de la société.

 

La participation effective et systématique du public a fait ressortir un nombre de questions et de questionnement important notamment sur l’origine du zouk, sur l’étymologie et le sens du terme ‘zouk’, sur sa fonction sociale, sociétale, sociologique, politique, économique mais aussi sur la part psychologique qu’il assume dans la construction du comportement psychoaffectif chez l’homme et la femme de même que sur leur behaviorisme relationnel tel que celui-ci est lié à la production et au développement personnel et collectif.

            

La filiation incontestable entre rythmes et cultures traditionnels et zouk a été mise en évidence.

Il ressort aussi que le zouk est bien un phénomène de solidification et de représentation culturelle.

 

Le zouk est une production et marque une productivité. Il est aussi un symbole dont le sens et la signifiance peuvent s’adjoindre aux autres symboles de représentations culturelles, comme la langue créole, et entrer dans le paradigme de théorisation de l’identité. Le zouk est une instance identitaire spécifiante.

Le zouk est bien un propulseur et un acteur de développement économique autant qu’il est un agent sûr de positionnement politique, c’est-a-dire de posture philosophique dans le monde.

 

Ainsi, nous identifions clairement les attributs du zouk et lui reconnaissons un significatum, une portée épistémologique et phénoménologique signifiante c’est-à-dire, une importance, une valeur et un sens indéniables et profonds découlant de l’étude critique sans jugement moral de ses propriétés.

 

Il convient d’assumer sa productivité et de comprendre encore plus le caractère et le sens de sa production.

 

D’où que la réflexion continue afin de préciser la fondamentalité du zouk.

 

 

Diffusion des travaux

Toutes les sessions de travail ont été enregistrées et filmées par les soins de Jocelyn CATAN.

Certains enregistrements audio et vidéo seront diffusés sur la grande toile électronique.

 

Dans un deuxième temps, un appel à contributions international sera lancé afin d’élargir la réflexion et de permettre aux chercheurs du monde de proposer leurs travaux sur le zouk.

 

Dans un troisième temps, les Actes du symposium seront publiés par les soins du Comité scientifique, prévisionnellement, selon le calendrier académique de 2012.

 

 

 

Remerciements

Le Comité scientifique remercie vivement :

 

Le public martiniquais

Tous les intervenants

Tous les modérateurs et toutes les modératrices

Jocelyn Catan

Le Conseil général

Le personnel de la Bibliothèque Schœlcher

La Directrice de la Bibliothèque Schœlcher

La Mairie du François

René-Charles Suvélor (Benny)

Le groupement Culture Zouk

Les média

 

 

Bilan fait par Hanétha Vété-Congolo au nom du Comité scientifique de « Penser le zouk »               Le 8 mars 2011

Partager cet article
Repost0
2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 13:48

LIVRE OUVERT SUR LA BD

 

 

Dans le cadre de ses animations autour du livre, la Bibliothèque municipale de Schoelcher a proposé à ses lecteurs une exposition de planches de Bandes dessinées, celle de l’ouvrage 1870 : l’insurrection du sud de JOZ. L’auteur a rencontré son public autour de la projection d’un DVD montrant les grandes lignes de ce pan de notre histoire.

 

José Clavot qui est connu comme peintre est aussi un des premiers dessinateurs de BD afro antillaise. En effet, il a rappelé un parcours riche mais discret de dessinateur auprès de beaucoup de revues du tiers monde comme par exemple Croissance, Jeunes Nations, Afrique-Asie, Différence, Sans Frontière et le quotidien panafricain Continent. Le public présent a découvert le fondateur de la première revue de bande dessinée antillaise DJENO qui paraissait en 1976. Sous le pseudo de JOZ, il ose vraiment s’aventurer dans l’aventure de la publication puisqu’il va même publier en 1974 dans la revue CHARLIE.

Quand on connaît le parcours, de cet ancien élève de l’École d’ Arts Appliqués de Corvisart qui a d’ailleurs obtenu un « Master Degré » de l’Université Paris VIII on n’est pas étonné du résultat tant en peinture avec son travail sur la couleur. Il a d’ailleurs encore par défi, proposé 101 visages de la Montagne Pelée. En effet, dans un journal il était rapporté qu’un peintre japonais qui avait fait cent portraits de la Montagne Pelée ne pouvait être égalé en beauté. Il en a proposé cent plus un pour dire JOZ, c’était sa manière d’oser, en posant un acte pictural au pastel.

 

Beaucoup ont en mémoire l’émission Images Caraïbes organisé par le Conseil Général, c’est lui qui a signé la Bande annonce, puis remporté le concours de celle du festival du FESPACO en 1991.

Cet homme discret nous propose sa BD auto produite 1870. La meilleure récompense à ce travail acharné et passionnant qui contribue à la connaissance de notre histoire, est de se procurer ce beau joyeux pictural.

 

De l’avis du public présent ce soir là a la mairie de Schoelcher, beaucoup de Martiniquais et de gens d’ailleurs jeunes et moins jeunes mériteraient à connaître cette bande dessinée qui rappelle un fait historique important pour le pays.

 

Le responsable de la Bibliothèque municipale après avoir remercié le public conquis, et fidèle à cette rencontre littéraire a dores et déjà donné rendez-vous pour le prochain A LIVRE OUVERT. Il sera consacré à l’auteur Jean-Charles Pamphile autour des deux tomes de sa saga « Souvenirs d’un marron » le vendredi 19 mars 2011 cette fois à la Bibliothèque à l’anse madame.

 

P1110666.JPG

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 01:01

9livres

Partager cet article
Repost0
2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 00:19

HAITI : Kenbé la !

35 secondes et mon pays à reconstruire

Rodney SAINT ELOI aux Editions Michel LAFON

 DyRuS-MenDoZa--Riffle-Design--002.jpg

Rodney Saint-Eloi, éditeur bien connu de Mémoire d’Encrier répond à la commande d’un autre confrère les éditions Michel Lafon.

Il a vécu le séisme, comme beaucoup d’écrivains étant sur place, à l’occasion de leur participation à la création du prix « Ecrivains nouvelle génération » adressé aux jeunes auteurs du pays, mais surtout lors de la deuxième édition du Festival Etonnants voyageurs.

Ce voyage sera étonnement inoubliable surtout pour les Haïtiens vivant à l’extérieur. Pour ceux de l’intérieur, il y a la vie avant et après le 12 janvier. « C’est une blessure avec laquelle, ils seront obligés de vivre ». L’imaginaire populaire a désigné le séisme du 12 janvier sous le vocable « Goudou, goudou ». Ils n’avaient jamais vécu pareil catastrophe et l’auteur nous dit en substance : « Chaque peuple, pour se dire et se représenter, a ses fables, se légendes et ses mythes. Haïti en plus de sa violence de l’Histoire, de la misère n’avait pas besoin de séisme. C’est une violence de trop. L’esclavage, le colonialisme, l’exploitation les occupations auraient amplement suffi. »

Ce livre fonctionnel permet à l’auteur de « faire taire en moi les fureurs du Goudou, goudou » est aussi et surtout un livre sur un retour dans l’enfance de l’auteur. Tout au long de son périple, on rencontre sa famille aussi son Haïti. Yasmin Kadra dira à ce sujet : « Rodney me parlait d’Haïti, si bien, avec une passion telle que… je ce crois avoir rencontré une personne aussi passionnée  par son pays au point où tout, un signe, un cri, une silhouette, un souvenir, n’importe quoi, débouchent inévitablement su Haïti ».

Tout au long on redécouvre le poète mais un excellent narrateur qui nous parle de chose aussi terrible que la mort, ses drames mais de multiples occasions de rire comme pour conjurer le sort avec des « sé lavi » permanents qui ne sont pas du fatalisme mais des attitudes vitales pour tenir « kenbé la » .

Rodney Saint-Eloi  écrit ce livre « pour que la vie ne tremble jamais » et surtout que « Un peuple debout cherche de l’eau et du pain, et enterre ses morts. Car les morts savent traverser les jardins et frapper aux fenêtres des rêves pour amener aux vivants l’espoir et les gros lots de la loterie nationale ». Cette voix individuelle veut aussi avoir une dimension collective « pour accompagner la construction d’un espace de citoyenneté ». Le séisme a besoin de voix pour le contraindre à arrêter sa route et ses répliques dans la vie quotidienne du Haïtien.  C’est aussi un livre d’interrogations sur l’état d’Haïti mais aussi l’Etat en Haïti. Est-il définitivement effondré comme le Palais National ?

Rodney Saint-Eloi

Haïti : Kenbé la ! Editions Michel Lafon

ISBN : 2-7499-1264-6   prix : 18.40

 

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 02:10

Alexandre, que les gens créoles nomment Sansann, est un « bon kalté mak kréyol ». Ce personnage est-il vraiment fictif ?
Vous avez tous dans votre entourage un Sansann qui pratique un créole qui n’est pas devenu tjòlòlò « contaminé » par le Français et qui n’est donc pas un « poto pouri » décréolisé. Mais sont-ils encore nombreux aujourd’hui ?
Jude Duranty propose un « rakontaj », une sorte de petit voyage dans le temps et l’espace créole. C’est aussi une photographie de certains parlers créoles, entre créole francisé, créole littéraire et pancréole.
Notre belle langue créole doit-elle indéfiniment se tenir sur un « ti ban ? ». Quand sera-t-elle une langue comme toutes les autres ayant sa place, elle aussi, dans le beau fauteuil linguistique pour prendre langue avec les hommes du monde ?
Sé zot ki sav !

Détails du livre

Sansann-2.png1.    Auteur : Jude DURANTY

2.    Rubrique : Littérature

3.    Style : Roman

4.    Format : Exlibris (14,8x21cm)

5.    Impression : Noir & Blanc

6.    Pages : 89

8.    Acheter ce livre : http://www.thebookedition.com/sansann-jude-duranty-p-47151.html

9.    Le livre 8.00€   

 

 

 

Nul n’est prophète dans son pays » nous dit le dicton. C’est le propos que nous délivre Zouki. « Cette belle donzelle qui à son passage, vous peignait les yeux d’une couleur si spéciale ».
Zouki n’est-elle pas le bon outil pour comprendre notre difficulté à aimer les nôtres ?
Pourquoi faut-il que la reconnaissance des talents d’ici passe par la validation du sceau de l’ailleurs ?
Pourquoi ce goût immodéré pour un encencement post-mortem ?
Jude Duranty nous livre enfin son premier écrit en créole paru en français aux éditions Ibis Rouge en 2005 sous le titre « Zouki, d’ici danse ».

Détails du livre

Auteur : Jude Duranty

Rubrique : Littérature

Style : Roman

Format : Exlibris (14,8x21cm)

Impression : Noir & Blanc

zouki.jpgPages : 151                   livre 12.00€

Haut du formulaire

Acheter ce livre http://www.thebookedition.com/zouki-bon-zouti-de-jude-duranty-p-43241.html                                                                                      

Partager cet article
Repost0
2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 11:29

A LIVRE OUVERT

La Bibliothèque municipale de Schœlcher poursuit ses rencontres littéraires mensuelles,  A Livre Ouvert redémarre la saison à l’espace Osenat   le vendredi 15 octobre 10 à 19h00 avec  le livre de Raphael CONFIANT  « La jarre d’or ».

Géry Létang et Judes Duranty vont nous livrer leurs impressions de lecture.

Vini ek bon balan pou dékouvè ……. Asiré pa pétet an Ja lò

 

La-jarre-d-or.jpg

Partager cet article
Repost0
27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 13:54

 

 

 Le-sang-et-la-mer.jpg

 

Deux mots importants pour le pays d’Haïti, sang et la mer. A travers ces deux thèmes Gary Victor nous convie à la lecture de son dernier roman paru aux éditions Vents d’Ailleurs.

Le pays d’Haïti saigne depuis longtemps à travers la dette pour son indépendance, l’apprentissage chimérique de la démocratie, la fuite de ses forces vives, sa jeunesse, son intelligentsia..

C’et par le sang de Hérodiane, jeune fille de 17 ans qui raconte son avortement parce que son prince charmant ne voulait surtout pas garder l’enfant d’une négresse. Le thème de la couleur de la peau, de la promotion sociale qui est souvent rendue difficile avec le stigmate de la peau. Le mulâtre est aussi une puissance économique et le rêve de la paysanne est la rencontre d’un mulâtre capable de la faire sortir de la misère.

 

C’est par la mer, cette savane bleutée que bon nombre de ses enfants ont emprunté pour connaître la vie qu’elle envisage meilleure. Quand Quiskéya Boyo ne leur offre en certains endroits, que des galettes de terre pour tout repas. La mer pour fuir la misère, la dictature, les zenglendos, ou les chimères… Mais au-delà de ces clichés, c’est toute la force de l’imaginaire de Gary Victor qui nous découvrir un personnage extraordinaire, Estevel qui serait un fils d’Agwé, lwa de la mer.

C’est aussi un roman de la tolérance devant le mépris d’une religieuse : « Noire comme tu es, comment crois-tu que Jésus t’aime », mais aussi de l’orientation sexuelle de son frère.

A travers la perte de son sang, l’auteur veut peut être nous dire combien son pays est presque exangue malgré des dangers imminents comme le soubresaut de la terre.

Le lecteur va découvrir des amours contre nature,  l’amour filial presque à la limite de l’inceste, l’amour homosexuel et surtout l’amour d’une femme si fort que l’on se demande jusqu’à la fin du roman s’il parviendra à triompher des barrières sociales.

Gary Victor toujours, avec autant de brio va nous entraîner dans son imaginaire débordant. Il a choisi de planter son décor digne d’un tableau naïf haïtien ; mais est-ce que son pays n’est pas en train de perdre une mer de sang ?

Le sang et la mer : Gary VICTOR ISBN 978-911412-73-8

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 22:11

 

C’est à une montée de larmes douloureuses parfois de joie en tout cas qui se veut salutaire, que nous convie la dernière production de Maryse Condé. Nous sommes ballottés un peu comme des boat people de la Guadeloupe jusqu’à Haïti à travers un long récit de quatre personnages.

Un médecin, Babakar Touré, est réveillé en pleine nuit pour un accouchement qui s’avère dramatique. A son arrivée la parturiente est décédée mais le bébé, une magnifique fille, est vivant. Qu’en adviendra t-il de cette petite Anaïs ?

Autour de ces deux personnages, Maryse Condé nous livre quatre récits pour entrer dans un monde ayant pour décor l’Afrique, la Guadeloupe et Haïti pour découvrir le destin de ces divers personnages.

 

Le Récit de Movar,

Affirme : « depuis que je suis petit, je me lève et je me couche avec la misère. C’est une compagne la plus fidèle elle ne m’a jamais laissé un seul jour ». C’est lui qui fera connaître la mère d’Anaïs à Babakar, ce médecin accoucheur.

 

Le Récit de Babakar,

Ce médecin dévoué qui va perdre sa mère trop tôt. Nommée Thécla elle a commis deux fautes majeures. « C’était d’être trop belle ». La seconde ; « c’était de se moquer des valeurs auxquelles les humains se raccrochent et qui servent de potomitan dans leurs vies ». Babakar a fait la promesse de s’occuper de son bébé, la belle Anaïs. Il devra retourner en Haïti pour trouver ses parents.

 

Le Récit de Fouad,

Ce musulman qui a un prénom scandinave, Arvo. Il n’est pas libanais mais palestinien. « C’est une identité qui fait peur ». Ce vocable-la recouvre trop de souffrances, de dépossessions et d’humiliations. Après moult péripéties, dont le remariage de sa mère, son beau père qui ne le porte pas dans son cœur l’envoie pour un cousin en Haïti tandis que son frère fait parti d’une organisation jugée « terroriste ». Mais qu’est-ce qu’un terroriste ?

Fouad avec la poésie et rêve même d’être l’égal de Mamoud Darwich. Il débarque à 23 ans et n’a jamais aimé ce pays où il découvre la brutalité des Tropiques, la chaleur impitoyable qui vous grille jusqu’à l’os. Les orages, les pluies interminables qui détrempent la terre. Il découvre la peau sombre des hommes et des femmes «  quelle belle couleur que la couleur noire, l’envers obscures de nos rêves ». Il découvre Azouz le frère de son beau père qui le traite comme le fils qu’il n’avait pas avoir en dépit de trois mariages. Elle découvre la dominicaine Cuca « premier amour qui fut une révélation sexuelle ».Son corps contenait une bonne dose de sang non indien et sa peau était aussi foncées que celles des haïtiens. Cette pensionnaire de bordel, une fille à tout le monde. Pourtant « je rêvais de l’avoir pour moi seul » mais celle-ci avec violence lui signifia « je n’épouserai jamais un arabe ». Ce sont des terroristes. Regarde ce qu’ils font à New-York, en Irak au Pakistan, partout.

 

Le Récit de Roro Meiji,

L’alcoolique « aristocratique » particulièrement fier des martiniquais pour leur rhum. Duquesne, Deppaz, Trois-Rivière, La Mauny, Clément, Saint-James. Il y touche selon lui « pour arriver à supporter la vie ».

 

Le lecteur est convié à la rencontre de personnages haut en couleur extravagant, généreux, parfois extraordinaire finalement attachant dans cette vie chaotique. Tout au long des 363 pages à travers les divers récits le lecteur reste accroché parfois dans ce lavalas d’émotions entre violences amour et la vie par le truchement de plusieurs thèmes qui déroutent parfois. La vie dans ces pays extraordinaires que sont l’Afrique, la Guadeloupe et Haïti est-elle simple ?

Dans son « exil » choisit elle nous livre un magnifique roman montrant son attachement à son pays et ceux de ses personnages.

 

En attendant la montée des eaux, Maryse Condé JC Lattes

ISBN : 9782-7096-3321-5, 21.85€

 

-

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de jude duranty
  • : Publication régulière de textes créoles contemporains Kréyol tou lé jou
  • Contact

Recherche

Liens