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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 11:20

ZBZ-barak.jpg

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 02:18

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 17:53

LZS Affiche CC2

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 17:43

4 livres 

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 10:17

zouki anim-
zouki anim-
par Jid

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 14:47

anatole.jpgSabine ANDRIVON-MILTON

 

 

Beaucoup d’entre nous avons un parent, oncle, grand-père ou arrière grand-père qui a participé à ce que nous appelons : Ladjè 14, La Première Guerre ou la Grande Guerre.

 

D’où nous vient une certaine admiration pour les Anciens combattants ? Connaissons-nous le dernier poilu martiniquais mort récemment ? Comment vivaient nos parents au moment de la guerre ? L’historienne Sabine Andrivon-Milton a choisi le genre romanesque pour la vulgarisation de ses travaux de doctorat.

Sabine Andrivon-Milton nous livre donc son premier roman qui nous fait revivre que dis-je, vivre intensément  à travers les personnages de Morne Siphon. Ce morne à la particularité d’être n’importe quel quartier de la Martinique et le lecteur se reconnaît dans ce lieu familier du début du siècle au moment de la guerre.

C’est par la voix d’Anatole, dit Totole, du haut de ses 12 ans que nous est conté ce pan de notre histoire qui date de presque un siècle.

Le roman début par un acte horrible. Le lecteur apprendra que cet acte fut posé précisément par désespoir et parce qu’en voulait en finir avec cette période on n’a pas hésité à consulter le quimboiseur. Le magico religieux reste donc une dimension importante de notre culture. On y apprend comment la Martinique est délestée de ses jeunes qui vont s’engager pour sauver la Mère Patrie des allemands. Dans le même temps aussi beaucoup de compères lapins vont faire le débrouillard pour ne pas s’y rendre au front car ils pressentaient les difficultés et les rudes conditions de vie. Malheureusement parmi ces débrouillards traités de « lâches » appelés aussi « les autres » beaucoup vont bénéficier de passe-droit pour ne pas faire la guerre. Parmi eux nombreux sont soupçonnés de s’être enrichis durant cette période. Certains « puissants » vont comme d’habitude protéger leurs biens, leurs fils voire leurs « bons » ouvriers et les faire bénéficier de consultation particulière afin d’être déclarés inaptes au service militaire.

Le roman est une excellente analyse sociologique où l’on apprend beaucoup sur les comportements de notre peuple. L’on a des images surprenantes sur le travail des femmes mais aussi sur l’attitude de certaines attendant sur les allocations au point où le gouverneur envisageait même de les supprimer. « Selon le gouverneur, les femmes aussi avaient refusé de travailler leur propre terre et se contentaient des allocations p 44.

De nombreux thèmes sont abordés  comme par exemple la discrimination à l’encontre des soldats martiniquais au front ;

-         la difficulté du climat où beaucoup de soldat mourrait de pneumonie ou souffrait d’engelures jusqu’à la perte de membres;

-         des réactions indignées de certains soldats «  -Qu’est ce que cela veut dire ? Nous sommes incapables de nous battre en hiver ? Pourquoi nous considèrent-ils comme des enfants ? Nous devons être traités comme les soldats de la métropole. Il nous faut payer l’impôt du sang »

Pour beaucoup de jeunes de l’époque, leur joie s’était de s’entendre déclarer BSA (Bon Service Armé). Tout ceci dans une ambiance cocasse où parfois des morts se retrouvaient sur la liste des hommes appelés. Dans cette ambiance le drame pour Totol, parce que son père n’a pas été retenu, il était considéré comme le fils d’un « lâche », ses copains ne vont pas hésiter précisément à le lâcher.

 

-         L’on y apprend que se rendre à Fort-de-France était une véritable expédition pour prendre le bateau qui partait pour France.

-         La vie sans les hommes partis au front, l’ambiance délétère pour tous ceux qui sont restés. Ils devaient travailler dur dans les usines pour faire du rhum et en même temps soupçonnés d’être des poltrons parce que absents du front.

On y apprend la peur des allemands, on craignait jusqu’à perdre la nationalité française et être obligé d’apprendre cette langue. « Certains se voyaient sous la coupe allemande, obligés alors de changer de langue » p 43.

-         On comprend aussi la peur de pénurie de certains produits alors que le rhum était la vedette au point que Fort-de-France craignait de vivre un autre incendie comme au début du siècle.

-          

Du point de vue sociale nous apprenons des choses relativement curieuses s’agissant des mariages et des reconnaissances qui vont jusqu’au drame p.54 « Fimine m’expliqua que Damase ne voulant pas partir à la guerre, avait décidé de reconnaître les enfants de sa mère car les pères de famille nombreuse n’étaient pas mobilisés »

 

-         Le drame des familles à l’annonce de la mort d’un proche. L’inquiétude quand on est sans nouvelle d’un parent. Le retour de soldats complètement mutilés. L’arrivée de certaines lettres qui ont échappé à la censure qui montrait les horreurs de la guerre p.74

 

En une centaine de pages Sabine Andrivon Milton nous fiat vire ce pan de notre histoire à travers celle de Totol. Nous découvrons une somme historique considérable que nous avalons avec délectation. Tous ces éléments épars nous incitent à retourner ou découvrir les ouvrages majeurs comme :

-         La Martinique et la Grande Guerre, parut chez le même éditeur L’harmattan en 2005. Rappelons que cet ouvrage a reçu le Prix de Ecrivains Combattant en 2006.

-         Le livre d’or des soldats martiniquais mort pendant la guerre en 2006

-         La Martinique pendant la Grande Guerre, recueil de poème et chants

 

Tous ces ouvrages ont été autoédités et c’est tout à l’honneur de cette historienne militante qui se bat pour la reconnaissance de nos aînés et une meilleur prise en compte de l’histoire. Nul doute que cet ouvrage s’adresse à des adultes mais aussi des à ses élèves.

I rivé ay chèché’y.

Jid

Antatole dans la tourmente de Morne Siphon, éditions L’Harmattan, 2010

ISBN : 978-2-296-12594-0   12,70€

 

RAPPELONS AUX LECTEURS D’ANTILLA QUE L’AUTEUR PRESENTERA SON OUVRAGE vendredi 30 juillet 10 à l’ATRIUM à 19h00

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 14:10

Lundi 5 juillet 2010 par Raphaël CONFIANT montray kréyol

DSCN1567.JPGBon en mal an, et cela depuis une bonne quinzaine d’années, il est publié, à la Martinique, un ou deux romans, voire trois, en langue créole, cela dans l’indifférence la plus générale. Jude Duranty croyait avoir trouvé la parade à cette injustice : il avait publié d’abord, en 2007, la traduction en français (réalisée avec Gérard Dorwling-Carter) du roman qu’il nous offre aujourd’hui. Je ne suis pas persuadé, en dépit de la grande qualité de cette traduction, que ce soit une bonne stratégie car lorsqu’on ouvre la version créole, on mesure, surtout au plan stylistique, le gouffre qui sépare un texte dans langue encore jeune, le créole, neuve donc, inventive, anarchique et superbe d’un texte en français, corseté par des siècles de littérature et de normativité littéraire.

C’est que le créole est encore fortement lié à son oralité et à son oraliture (contes, proverbes, chants etc.), qu’il s’en nourrit journellement et qu’en passant à l’écrit, il lui est, pour l’heure, impossible de s’en déprendre. Pour notre plus grand plaisir de lecture.

Qu’on en juge :

« Sé ki manzel té an donzel ki té bel kon an dimwazel ka bat zel douvan an vié mel »

Il convient de noter dans le même temps chez Jude Duranty une maîtrise admirable de la rhétorique créole, chose qui se manifeste par un usage abondant mais toujours approprié d’expressions idiomatiques telles que :

. « mété dan-yo lablanni » : littéralement « mettre ses dents à blanchir au soleil comme du linge » c’est-à-dire « rire aux éclats »

. « konparézon kon an chien tou-ni » : litt. « prétentieuse comme un chien tout nu » c’est-à-dire « extrêmement prétentieuse »

. « kon an chien abò an yol nef » : litt. « comme un chien à bord d’une yole neuve » c’est-à-dire « complètement désemparé etc…

Cependant, la maîtrise de la langue ne suffit pas pour faire œuvre littéraire. Sinon, dans les langues écrites de longue date comme l’anglais ou le français, tous les agrégés ou docteurs ès-littérature seraient des écrivains. Ce qui n’est bien évidemment pas le cas ! En effet, tant qu’on reprend les images existant dans la langue, on reste dans le langage commun, c’est-à-dire dans la banalité. Faire œuvre de littérature consiste au contraire à fuir ce prêt-à-porter langagier et à créer ses propres images. C’est ce que, pour aller vite, on appelle le style. Chaque écrivain imprime sa marque personnelle à la langue et c’est ce qui permet à n’importe quel lecteur averti de reconnaître immédiatement trois lignes d’un Césaire ou d’un Saint-John Perse.

La langue créole n’est pas encore arrivée à ce stade. Si elle s’écrit depuis 1750 (le premier texte en créole est un poème de Saint-Domingue, « Lisette quitté la plaine » du Blanc-pays Duvivier de la Mahautière), si durant nos trois siècles et demi d’histoire, il y a toujours eut, de manière certes sporadique, des écrits en créole, force est de reconnaître que notre langue n’a pas encore atteint ce que Jean Bernabé appelle « la souveraineté scripturale », c’est-à-dire qu’elle n’est pas encore devenue une langue écrite de plein exercice. L’écrivain créole se doit donc, au contraire de son confrère usant d’une langue anciennement littérarisée, d’accomplir une double tâche : recenser les manières de dire de la langue, les idiomatismes (ce que fait Duranty), mais aussi s’efforcer, autant que faire se peut, car c’est là une tâche difficile, d’inventer sa propre manière à lui. La première tâche est vitale pour une langue menacée telle que le créole : elle permet de sauvegarder le noyau dur de la langue. La deuxième est plus risquée car elle peut rebuter un lectorat déjà peu habitué à lire le créole : d’où l’échec du premier roman en créole haïtien, « Dézafi » (1975), de Frankétienne et l’obligation dans laquelle ce dernier a été de la traduire en français sous le titre « Les Affres d’un défi » (1981).

IMAGES DE L’ECRIT

Là où l’on constate que la littérature en créole est en train de franchir un pas, c’est que Jude Duranty ne se contente pas d’accomplir la première tâche, il s’aventure hardiment et avec talent dans la seconde :

« Sé té an jou éti bod lanmè té ja las hélé anmwé. Lo kares lanm lanmè-a té niché tout sab-li a. I té mantjé fè’y ped tet-li afos plézi-a té cho. »

Cet exemple est celui d’une personnification du bord de mer, procédé éminemment littéraire, qui, sous la plume de l’auteur, devient femme qui hurle sous l’emprise des caresse des vagues et qui manque de défaillir de plaisir. A l’oral, les images sont assez pauvres, cela dans toutes les langues, et c’est pourquoi il est idiot de qualifier le créole de « langue imagée ». En général, l’oral se contente de deux types d’images :

. la comparaison avec l’outil « comme » (kon en créole) : en français, « Il est fort comme un bœuf » ou en créole, « I wo kon an pié-koko ».

. l’antonomase (la transformation d’un nom propre en nom commun) : en français, « Cet homme est un Hercule » ou en créole, « Frè-mwen sé an Michel Moren ».

Au contraire, la langue écrite regorge d’images (de « tropes » en langage universitaire) et un Fontanier, par exemple, en a recensé plus de…trois cent : allégorie, allitération, hyperbole, métaphore, métonymie etc… D’où la nécessité d’écrire en créole, de faire travailler la langue et non de se contenter de transcrire les images de l’oral. Jude Duranty s’y emploie pour notre plus grand plaisir de lecture.

L’ORIGINE DU ZOUK

S’agit de l’histoire elle-même que nous raconte l’auteur, nul doute qu’elle en passionnera plus d’un : il s’agit tout simplement de chercher à comprendre l’origine du zouk. Duranty passe en revue, de manière amusante, diverses théories pour s’arrêter sur celle qui veut que ce mot provienne de l’arabe « souk » qui signifie « marché très animé » :

« Epi sé pa nenpot ki moun ki té ka jwé sa. Sé té dé boug solid ki té ka li an papié-mizik. Yo pa té janmen wè sa, moun ka li mizik kon malfentè ka li vié liv, oben kon zot atjelman-an ki ka li kréyol-la an manniè obidjoul. »

Ce passage de la musique traditionnelle créole non écrite au zouk correspond, nous explique l’auteur, à celui de la langue créole de l’oralité à l’écriture. En effet, on n’a pas suffisamment souligné le fait que le mouvement de la Créolité des années 80-90 du siècle dernier ne fut pas que littéraire : il fut aussi musical (Kassav’ etc.), pictural (groupe « Fromager »), journalistique (Grif An Tè, Antilla-Kréyol etc.), cinématographique (Guy Deslauriers etc.), religieux (messe en créole), radiophonique (RLDM etc.) et même publicitaire puisque c’est le moment où l’on a vu apparaître de grands panneaux au bord des routes soit bilingues soit en créole.

Sans se complaire en lamentions, il est vraiment dommage que des auteurs créolophones aussi talentueux que Térez Léotin, Daniel Boukman, Georges-Henri Léotin, Jala, Serge Restog, Eric Pézo, Hugues Bartéléry, Jean-Marc Rosier, Jude Duranty (et j’en oublie !) soient si peu lus.

Sans doute est-ce là un énième signe de notre (inexorable) décrépitude culturelle et identitaire…

Raphaël Confiant

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 14:28

 trouillot0002-copie-1.JPG

 

 

 

L’expression totale de la mémoire

 

 

 

 

Evelyne Trouillot a choisi une période sombre de son pays pour nous offrir une œuvre littéraire lumineuse par le truchement de son dernier roman : La mémoire aux abois aux éditions Hoëbeke.

 

 

 

Cette mémoire a choisi pour se dévoiler et peut-être se guérir un lieu symbolique, un hôpital parisien. Une jeune infirmière d’origine quisquéyenne est en présence d’une patiente particulière, la veuve de l’ancien dictateur. Cette infirmière n’est autre que la fille de Marie-Carmelle qui a perdu son mari troué de balles de miliciens. (Le rappel du nom de Quisquéya, Boyio  « mère de toutes les terres » donné par les Taïnos n’est pas anodin. L’auteur nous rappelle cet épisode historique où le pays était unifié avec plusieurs caciquas).

 

Visuellement nous pénétrons deux univers de mémoire qui s’expriment tour à tour par deux polices de caractère. La veuve s’exprime en italique et Odile, la fille de Marie-Carmelle, en lettre pleine ; sans doute pour donner la pleine mesure de cette souffrance endurée par la population quisquéyenne sous la dictature dorévaliste.

 

 

Le lecteur trouvera curieux de cette présence/absence du président dont le nom est suggéré. La prudence semble encore de mise, on ne nomme pas la bête quand on est dans les bois. Palé pa nonmen non pésonn. Mais paradoxalement, le fait de ne pas en parler rend très présent le personnage présidentiel dans toute sa terreur relayée par les VSN (Volontaires de la Sécurité nationale) et les macoutes dont on semble se méfier encore aujourd’hui. Depuis la capture de Toussaint Louverture les gens de Quisquéya savent que si l’arbre est tombé, les racines ne sont pas pour autant mortes.

 

 

 

Le nom du président est masqué mais le lecteur n’est pas dupe, il sait qu’il se trouve dans la première république noire dans les années 1957 jusqu’en 1986. Odile nous dit :

 

"Toutes les histoires des doréval viennent me remplir la tête. Tous ces récits déversés au creux des draps entre la maison et l'école, de la cuisine et la chambre, de Port-au-Roi (pas Port-au-Prince) aux Antilles, de la Martinique à la Métopole"

 

Il semble que les enfants nés sous la dictature ont intégré le fait qu’il valait mieux ne pas parler ouvertement du régime. Les personnages clés du régime sont suggérés. On peut se féliciter que cette génération qui a fui le régime décide enfin d’écrire sur cette période tragique de Haïti.

 

Cette double mémoire vécue par une victime du régime et une proche de l’artisan du régime nous donne la pleine mesure de cette vie de deux strates sociales, celle du pouvoir et celle du quisquéyen lambda. Ces deux points de vue contradictoires nous font saisir la complexité de ce pays. D’une coté les miliciens et leurs influences magico-religieuses, de l’autre ce peuple quisquéyens qui trime au quotidien pour jouer à tromper la faim.

 

Cependant il convient de s’interroger sur cette mémoire. Ces mémoires ne sont elles pas finalement deux solitudes qui avancent en parallèle loin de leur patrie ?

 

 

 

A travers ce roman Evelyne Trouillot nous plonge avec bonheur dans ce moment terrible de l’histoire d’Haïti. Elle permet au lecteur de « vivre sans cette charge oppressante qui lui a été léguée ». Lorsque « la mémoire se libère aujourd’hui et (elle) m’apporte un souvenir inattendu tel un sortilège heureux ».

 

Avec ce roman, Evelyne Trouillot nous montre l’importance de la mémoire qui permet autant de déconstruire un passé peu reluisant pour une reconstruction de l’être d’aujourd’hui. C’est assurément une belle fleur littéraire que nous offre Evelyne Trouillot qu’elle extrait de ce terreau de terreur qu fut la période Duvaliériste, que dis-je Dorévaliste. Enfin, lecteur plongez-y allègrement dans cette mémoire pour mieux comprendre la Quisquéya, ou l’Haïti d’aujourd’hui.

 

 

 

 

La mémoire aux abois, éditions Hoebecke, 2010

 

ISBN  9782-84230-384-6 18€

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 17:06

 

 

 

 

Bèlè lisid

 

Georges-Henri LEOTIN

 

 Photo JudeB-l- lisid

 

Georges-Henri Léotin a choisi une musique délaissée, endémique puisqu’on la retrouve principalement aux Anses d’Arlet pour le cadre de son nouveau roman Bèlè li sid.

Ce chant habituellement triste, raconte la vie tout simplement d’un personnage du début du siècle : Maria-Klara. Le dernier chapitre qui donne son titre au roman commence ainsi : « Bèlè lisid, chanté grav, chanté rèd épi dous ». A travers cet hommage à la terre du sud où l’auteur puise ses racines, il veut nous rappeler sans doute combien cette terre est celle de la révolte avec l’insurrection du sud; une terre de gaoulé avec les révoltes du Diamant dans sa terre aride parce qu’elle s’est toujours battue. Avec le chant bèlè lisid, Cette terre veut rappeler combien elle n’oublie pas les ancêtres. Cette visite de la mémoire se fait à travers plusieurs personnages

Marie-Klara un personnage simple, petite gens « ki té toujou maché dwet kon pitjet ». Elle était même arrivée à l’obtention d’un travail intéressant pour l’époque : sigrétè lanméri. De là elle percevra la force des liens familiaux qui l’adoptera à demeurer dans la simplicité surtout quand elle découvrira toutes les horreurs comme la mortalité infantile très grande au début du siècle.

L’auteur nous dit précisément «  an bon chien pa ka tonbé anlè an bon zo, ni an nonm ki fè lavi Mari-Klara chalviré tjou-pou-tet » Mari-Klara fera la rencontre de Ajénor Granfal. « misié té agoulou ki té ni grangou, mé tou an gro….an non di : lapéti fanm. » Personnage emblématique d’une petite bourgeoisie de l’époque qu va faire comme une certaine race d’homme qui se fourvoie en couillonnant les femmes. Ont-ils disparus ? N’étaient-ils que du sud ? L’auteur laisse le lecteur y répondre.

 

L’auteur à travers le personnage Marie-Klara semble nous dire :

Fanm ka tonbé pa janmen désespéré. Maria-Klara ka tonbé mé kon an chatenn. Sé lè i ké pati ayé i ké dékouvè fos mizik bèlè lisid la.

Comme dans la strophe d’un bélé mise en exergue l’héroïne va noyer son enfant. Le lecteur va sans doute s’interroger sur cet acte. Cette « noyade » est-ce une offrande à une divinité qui aurait disparue du paysage du sud ? Est-ce un crime réel ?

C’est une incursion dans le mystique avec l’énigmatique Papa Simbi, divinité de l’eau dont on ne soupçonne même pas l’existence. La sécheresse du sud ne viendrait elle pas de l’oubli de cette divinité ? Akondi pawol la « sa ou pa sav gran pasé’w »

Ce roman d’une centaine de pages va permettre au lecteur de faire un voyage certes rapide mais profond. Il aura tout le loisir de revenir sur cette belle écriture créole comme dans Mango Vèt.

Dans Mémwè latè GHL nous rappelait déjà combien ce thème lui était cher avec Bèlè lisid il nous convie à une lecture créole d’une grande fluidité. Quelques mots « rare » mais authentiques peuvent nous ralentir mais le lexique est là pour suppléer cette incompréhension passagère. L’auteur avec fluidité nous offre des quintes de rire de tanzantan, lwenzalwen comme ce passage à la page 38 où le personnage se voulait un français plus français tu meures !

« Kifè délè menm, lakrent mété an mo kréyol andidan plodari fransé té ka moun di : « Petite Volure » pou Tivoli, tutulaire pou titulaire, Albeur pour Albè, Jules menm lè prénon an sé té Gilles ».

 

Les publications créoles sont rares « kon neg a zié blé », ou encore comme des «zé bourik » plongez-y allègrement, bravman pour encourager ceux qui au-delà de l’écriture pose véritablement un acte militant.

Georeges-Henri Léotin a publié aux Editions DEZAFI sa propre maison d’édition asiré pa pétet zot ké pasé an bel moman litérati kréyol0.

Sipòté Joko sé rédé an Léoten pou tout chantèz bèlè lisid kontel Espénizàn. Mési Joj-Anri

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 16:56

Bèlè lisid

 

Georges-Henri LEOTIN

Photo-JudeB-l--lisid.jpg

Georges-Henri Léotin a choisi une musique délaissée, endémique puisqu’on la retrouve principalement aux Anses d’Arlet pour le cadre de son nouveau roman Bèlè li sid.

Ce chant habituellement triste, raconte la vie tout simplement d’un personnage du début du siècle : Maria-Klara. Le dernier chapitre qui donne son titre au roman commence ainsi : « Bèlè lisid, chanté grav, chanté rèd épi dous ». A travers cet hommage à la terre du sud où l’auteur puise ses racines, il veut nous rappeler sans doute combien cette terre est celle de la révolte avec l’insurrection du sud; une terre de gaoulé avec les révoltes du Diamant dans sa terre aride parce qu’elle s’est toujours battue. Avec le chant bèlè lisid, Cette terre veut rappeler combien elle n’oublie pas les ancêtres. Cette visite de la mémoire se fait à travers plusieurs personnages

Marie-Klara un personnage simple, petite gens « ki té toujou maché dwet kon pitjet ». Elle était même arrivée à l’obtention d’un travail intéressant pour l’époque : sigrétè lanméri. De là elle percevra la force des liens familiaux qui l’adoptera à demeurer dans la simplicité surtout quand elle découvrira toutes les horreurs comme la mortalité infantile très grande au début du siècle.

L’auteur nous dit précisément «  an bon chien pa ka tonbé anlè an bon zo, ni an nonm ki fè lavi Mari-Klara chalviré tjou-pou-tet » Mari-Klara fera la rencontre de Ajénor Granfal. « misié té agoulou ki té ni grangou, mé tou an gro….an non di : lapéti fanm. » Personnage emblématique d’une petite bourgeoisie de l’époque qu va faire comme une certaine race d’homme qui se fourvoie en couillonnant les femmes. Ont-ils disparus ? N’étaient-ils que du sud ? L’auteur laisse le lecteur y répondre.

 

L’auteur à travers le personnage Marie-Klara semble nous dire :

Fanm ka tonbé pa janmen désespéré. Maria-Klara ka tonbé mé kon an chatenn. Sé lè i ké pati ayé i ké dékouvè fos mizik bèlè lisid la.

Comme dans la strophe d’un bélé mise en exergue l’héroïne va noyer son enfant. Le lecteur va sans doute s’interroger sur cet acte. Cette « noyade » est-ce une offrande à une divinité qui aurait disparue du paysage du sud ? Est-ce un crime réel ?

C’est une incursion dans le mystique avec l’énigmatique Papa Simbi, divinité de l’eau dont on ne soupçonne même pas l’existence. La sécheresse du sud ne viendrait elle pas de l’oubli de cette divinité ? Akondi pawol la « sa ou pa sav gran pasé’w »

Ce roman d’une centaine de pages va permettre au lecteur de faire un voyage certes rapide mais profond. Il aura tout le loisir de revenir sur cette belle écriture créole comme dans Mango Vèt.

Dans Mémwè latè GHL nous rappelait déjà combien ce thème lui était cher avec Bèlè lisid il nous convie à une lecture créole d’une grande fluidité. Quelques mots « rare » mais authentiques peuvent nous ralentir mais le lexique est là pour suppléer cette incompréhension passagère. L’auteur avec fluidité nous offre des quintes de rire de tanzantan, lwenzalwen comme ce passage à la page 38 où le personnage se voulait un français plus français tu meures !

« Kifè délè menm, lakrent mété an mo kréyol andidan plodari fransé té ka moun di : « Petite Volure » pou Tivoli, tutulaire pou titulaire, Albeur pour Albè, Jules menm lè prénon an sé té Gilles ».

 

Les publications créoles sont rares « kon neg a zié blé », ou encore comme des «zé bourik » plongez-y allègrement, bravman pour encourager ceux qui au-delà de l’écriture pose véritablement un acte militant.

Georeges-Henri Léotin a publié aux Editions DEZAFI sa propre maison d’édition asiré pa pétet zot ké pasé an bel moman litérati kréyol0.

Sipòté Joko sé rédé an Léoten pou tout chantèz bèlè lisid kontel Espénizàn. Mési Joj-Anri

 

 

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