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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 13:44

FADO                    

Photo-Jude-Fafo.jpg

Kettly Mars

 

Voyage au cœur du double

La romancière haïtienne, Kettly Mars, nous plonge dans l’ambiguïté de son personnage Anaïse qui devient Frida.

Anaïse cette bonne épouse se métamorphose en péripatéticienne de choix pour son maquereau Bony. Lèo, son ex-mari deviendra son amant préféré au sein de cette nouvelle maison de passe. Le lecteur est convié à travers cette belle histoire toujours menée d’une main de maîtresse bien maîtrisée par Kettly Mars à une réflexion sur notre coté ange et démon. N’est-ce pas là le lot de tout le monde ?

Le roman débute sur le son de la voix de Amalia Rodriguez la grande diva du fado. Ce chant triste et profond se fera entendre tout au long du roman et va s’incruster jusque dans le l’âme du lecteur. Une rencontre peut changer le cours d’une vie. C’est ce que va apprendre, à ses dépens, Anaïse qui depuis est devenu Frida. L’épouse modèle devient la maîtresse de Bony mais aussi de son ex-mari parti vers Babette qui lui donne enfin un enfant.

 

Avec son talent habituel Kettly Mars nous fait pénétrer cet univers à priori austère, mais qui se révèle plein de vie. On y découvre des vies brisées, on y vit de cauchemars, des insomnies mais aussi cet amour étonnant pour son souteneur. Ici Frida consentante n’est absolument pas jalouse des autres femmes de Bony. Cependant l’arrivée d’une certaine Natacha. Frida attache beaucoup d’importance à cette nouvelle venue qui va rompre « l’équilibre » du groupe. Peut-être que même dans la misère nous tenons à nos certitudes pour ne pas opérer les changements nécessaires. On est prêt parfois à produire le pire pour garder le statut quo même en étant pas satisfait.

 

Avec Fado, Kettly Mars nous invite à une réflexion sur le couple. Peut-il exister sans enfant ? A l’arrivée de l’enfant son équilibre n’est-il pas remis en cause ?

Kettly Mars avec son écriture parsemée de poésie, le lecteur est amené à explorer un monde intérieur sur nos différentes réactions pour tenter de renaître et comprendre notre être complexe et notre part d’humanité.

L’auteur poursuit son exploration sur le thème du double, le marasa, après  son roman L’heure hybride avec Fado. C’est son troisième roman après Kasalé. Ceux qui viennent de découvrir Saisons sauvages  lors de son récent passage en Martinique en mars 2010 vont aimer Fado à travers cette belle plume de la littérature haïtienne. Vous êtes donc conviés à un petit moment de littérature pour « imaginer le temps sans la trame des heures. Un temps sans échéance, ouvert et accueillant. Un besoin de supposer que tout est autrement »     

Fado, Mercure de France, 2008

Isbn : 978-2-7152-2853-5   12,50€

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 19:44

timbre-de-voix-copie-1.jpgJude Duranty

Auteur de livres de jeunesse

 

Du 22 au 24 avril 2010 se tiendra un gros évènement pour la littérature de jeunesse mais aussi un grand moment pour le Nord Caraïbe : LE VILLAGE ANTILLAIS DE LITTÉRATURE DE JEUNESSE DU PRÊCHEUR

 

Jid qui connaît bien Jude Duranty lui a posé quelques questions ; histoire de  nous parler de sa dernière production aux éditions L’Harmattan : Louna et le sorcier/Louna ek tjenbwazè-a qui sera présente lors du prochain Village Antillais du livre de Jeunesse du Prêcheur du 22 au 24 avril 2010.

 

Jid : Es ou pé di mwen konmen liv ou ja mété déwò ?

Jude Duranty : Aujourd’hui ma bibliographie est encore modeste puisqu’elle ne comporte que 8 ouvrages. Elle est cependant équilibrée puisqu’elle comporte quatre ouvrages de jeunesse et quatre ouvrages pour les adultes. Etant entendu qu’un des ouvrages sur les légendes autour de la mort peut-être aussi bien lu par les enfants que par les adultes.

 

Jid : Mé a ki lè ou ja mété tousa liv déwò ?

J.D : Eh bien mon premier ouvrage est le roman Zouki d’ici danse  paru aux Editions Ibis Rouge en 2007. Mon deuxième est sorti la même année aux Editions Edilivre. Il s’agit de La fugue Sopaltéba.  C’est une fable sur la voix. Une voix qui en a marre de se faire maltraiter et qui décide de se rebeller en fuguant. Son « propriétaire » monsieur Vociférant va se retrouver aphone. C’est une réflexion sur cet organe extraordinaire qu’est la voix. C’est le seul instrument qui est incorporé. Tous les autres instruments sont hors de l’homme, guitare, tambour, piano, etc. C’est une réflexion sur ce que nous avons. Quelquefois, c’est à la perte d’une chose ou de quelqu’un que nous prenons toute la mesure de son importance.

 

Jid : Sa ka fè mwen chonjé an ti-chanté éti dé Joslin ka chanté (Labille épi Beroard). «  Kité mwen di’w man enmen’w, avan i tro ta… » 

J.D : Lorsque j’entends cette chanson qui m’a déjà ému aux larmes, cela me fait penser à cela. Nous perdons tellement d’occasion de dire aux gens qu’on les aime. Peut-être parce que l’on a pas appris à faire cela !

 

Jid : Afos sa konplitjé pou di an moun ou enmen’y ?

J.D : En effet, ce n’est pas toujours facile. On préfère témoigner à l’autre par des attentions, de la tendresse, mais le dire reste quelquefois un Morne à l’instar de Galochat ou pour rester dans le Nord Caraïbe, Morne Table.

 

Jid : Mé sé madanm-lan enmen tann ti-pawol tala !

Jude : C’est peut-être pour cela que l’on estime précieux et l’on ne veut pas l’user, le gaspiller pour ne pas le banaliser, qui sait !

 

Jid : Adan tout lo pawol ou a, ou garé mwen. Annou viré asou zafè liv la !

J.D : Grâce aux Editions Desnel en 2008, j’ai eu l’opportunité d’écrire mon premier ouvrage pour la jeunesse avec mon ami Max Rippon de Marie-Galante. Ti-diko est un mini dico de la mer et de la plage. Il propose quelques mots créoles servis par une excellente illustration de Choko.

 

Jid : Ki sa ki ba’w anvi matjé liv  ba tianmay ?

J.D : Après la publication du  Ti-diko  qui était une commande, j’ai éprouvé le besoin décrire pour la jeunesse. Comme mon fils aîné était dans une phase critique je lui ai écrit une histoire qui peut être finalement lue par tous les garçons et filles de 15 ans en pleine adolescence qui se cherchent. Ils font des bêtises. J’ai voulu leur dire que, quelque soit les bêtises commises, tout n’est pas perdu. J’avais envisagé le titre qui était Tout n’est pas perdu, qui a finalement évolué vers Brevet de brillance. L’ouvrage est paru aux Editions Edilivre en octobre 2008. Cette année donc fut une bonne année puisque trois ouvrages de jeunesse paraissaient. En effet, un troisième ouvrage verra le jour aux Editions Desnel Yé krik Yé krak bouladjel : contes et légendes autour de la mort et des rites funéraires aux Antilles antan lontan. Comme tu le constates un livre plein de vie.

 

Jid : Si man ka konprann bien 2008 sé té an bel lanné pou’w ?

J.D : En tout cas pour la production de livre de littérature de jeunesse. En 2009 j’ai sorti un livre de jeunesse Les contes de Layou c’est une série de conte plus deux petits récits :

Katel : le cayali chanteur qui traite de l’écologie. Un jeune cayali voit la rivière devenir bleue et il a de moins en moins d’écrevisses pour sa chère et tendre. Il va tenter de percer ce mystère.

Bèbè le ti-mouton est une réflexion sur la maltraitance des animaux.

Initialement cette série de contes était une commande des Éditions Lafontaine qui ont connu quelques soucis. Heureusement l’entreprise n’a pas fermée car ce serait dur quand on connaît le nombre d’éditeur pour la jeunesse qui se compte sur les doigts d’une main. Quand j’ai transmis les contes à mon éditeur, il m’a réclamé d’autres textes et c’est ainsi que j’ai ajouté Katel et Bèbè.

 

Jid : 2009 sé té an lanné nef pou’w, di mwen plis !

J.D : On peut la considérer comme telle car c’est l’année ou j’ai publié mon premier livre en créole, Sansann, à compte d’auteur, anlè pwa kò mwen. Je suis passé par la micro-édition pour 100 exemplaires qui se sont volatilisés, yo fè létè. J’ai donc commandé 100 autres, mais malheureusement mes finances ne permettent pas de commander plus. Il me reste une dizaine d’exemplaires. J’ai le manuscrit original de Zouki : bel zouti qui va sortir selon la formule consacrée incessamment sous peu, en fait dès que financièrement je pourrai. Publier en créole est un acte militant aujourd’hui, parce que nos compatriotes n’acceptent pas encore de s’alphabétiser en créole. C’est une langue avec sa syntaxe, sa grammaire on ne veut pas la lire sous prétexte que l’on sait la parler. Sinon pourquoi l’on apprend le français depuis la maternelle jusqu’à l’université ?

Le Martiniquais est encore en bisbille avec sa langue, qui se meurt, qui se flétrit par manque d’amour. Dans Sansann l’auteur disait que le français est accueilli dans un fauteuil tandis que pour le créole, on se contente de lui proposer un vié ti-ban. Pourtant « Tout lang sé lang ». Daniel Boukman nous le rappelle tous les matins.

 

Jid : Si man ka konprann bien ou ka matjé otan ba gran-moun ki ba tianmay ?

J.D : L’on peut effectivement dire cela puisque aujourd’hui ma production comporte 3 livres pour les adultes et 5 livres pour la jeunesse. En effet, depuis mars 2010 je viens de publier en collaboration avec Nicole Noizet ma première traduction pour la jeunesse aux Editions L’Harmattan Louna et le sorcier/Louna ek tjenbwazè-a. C’est un conte sur la nécessité d’apprendre à lire. Louna qui ne voulait pas aller à l’école va comprendre combien il est important de savoir lire. En effet, c’est la lecture d’une formule magique qui va lui permettre de sauver sa vie.

 

Jid : Ou ka santi ou an bèw adan Vilaj Préchè a ?

J.D : Ou pé di sa !

Je me sens comme un lapia dans une mare dans ce village de littérature de jeunesse. Je profite d’ailleurs pour féliciter la municipalité du Prêcheur son maire Marcellin Nadeau ainsi que Marcellin Bertrand, responsable culturel pour leur excellent travail qui promeut le livre de jeunesse.

C’est pour le moment le seul prix de littérature de jeunesse qui existe. Le prix Raphaël Tardon en est à sa deuxième édition. Gageons qu’il soit pérennisé et que les auteurs malgré leur difficulté à trouver des éditeurs continue leur production. La lauréate est cette année Anique Sylvestre avec son livre Lowitt  parut aux Éditions Jasor en 2009.

Nous invitons tous les parents, enfants, en un mot la famille des lecteurs de littérature de jeunesse à encourager cette ville à poursuivre dans cette direction afin que ce moment soit le plus grand rendez-vous des livres de jeunesse antillaises.

Il ne vous plus qu’à pétey monté Préchè jédi, vandrèdi épi sanmdi, asiré sa ké bel.

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 23:50

LZS-Affiche-CC2.jpg

 

Quand Zouki s'affiche à l'extérieur en attendant le colloque de novembre 2010 à Fort-de-France

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 23:07

 

Pourquoi penser le zouk :

S’étant manifesté au public à la fin des années soixante-dix, le zouk qui procède de l’ingéniosité artistique et créatrice de Martiniquais et de Guadeloupéens, est survenu dans des sociétés en transmutation économique, politique, sociologique et psychosociologique. Bousculant les idées admises sur les concepts, la représentativité et la représentation de l’identité et de la culture ; contribuant de manière inattendue à situer la Martinique et la Guadeloupe dans leur ère postmoderne et constituant irréversiblement le phénomène témoignant le plus patemment de la gémination des rythmes du passé et de ceux envisageables à l’avenir ; le zouk a, dès son introduction, constitué un stimulus provoquant des réactions extrêmes articulées discursivement par la génération la plus adulte. Les réactions sont à ce jour vives mais surtout dichotomiques et indiquent les états d’esprits générationnels. Il est de même commun que le zouk soit préjudicié au profit de formes musicales allochtones. Pourtant, cette manifestation culturelle présente d’une part, une homothétie culturelle et identitaire directe puisqu’elle prend source dans le centre homothétique traditionnel et d’autre part, elle survient comme survinrent en leur temps les attributs qui distinguent la personnalité martiniquaise et guadeloupéenne, soit de manière imprévisible, étonnamment grandiloquente, confondante et originale. Ainsi, dans le contexte de la société martiniquaise de plus en plus en relation élargie avec le monde globalisé, il est essentiel d’en étudier les linéaments, d’en examiner la signifiance sur le plan culturel, sociologique, philosophique, ethnologique, économique et psychologique.

 

 

 

 

« Penser le zouk », symposium pluridisciplinaire organisé et dirigé par Hanétha VETE-CONGOLO, avril-novembre 2010, Bibliothèque Schœlcher, Martinique

 

 

Commission scientifique

 

Présidente, Hanétha VETE-CONGOLO

 

Jean-Georges CHALI

Dominique CYRILLE

Patricia DONATIEN-YSSA

Olivier PULVAR

Juliette SMERALDA


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 26 novembre

Café littéraire : Zouki : d’ici danse (Ibis rouge, 2007)

Auteur : Jude DURANTY

 

Rapporteur critique : Marie-Denise GRANGENOIS, enseignante, IUFM

Des bouquets sonores pour accueillir la belle et ravissante Zouki. « Cette si belle donzelle, à son passage, vous peignait les yeux d’une couleur si spéciale ». La musique proposée par les gens d’ici n’étant pas à son goût. Très vite elle délaisse « bò lakay » sa terre natale, terre d’accueil des sinistrés du volcan et terre de l’insolite cocotier à deux têtes, pour gagner l’en ville puis l’Autre bord. Elle connaîtra la célébrité et se verra comme par enchantement issue d’une grande famille. Mais toute cette « famille » l’aime-t-elle vraiment? Pourra-t-elle supporter les jalousies suscitées par sa notoriété? Saura-t-elle résister au terrible fléau du dénigrement? Elle veut faire partager son succès aux siens. Elle revient rencontrer sa famille et nous ouvre son album photos ou faire connaissance de sa véritable génération. Zouki est contrainte de revenir au pays parce qu’elle est convaincue que « c’est ici qu’elle pourra trouver un homme dous kon siro ». Peut-on préparer en dehors d’ici, un café qui n’est pas que du tjòlòlò?

 

Jude DURANTY (Jid)  est directeur de la bibliothèque municipale de Schœlcher. Auteur-compositeur, il a obtenu un troisième prix de Valse au Concours de la chanson créole en 1998 organisé par Carnaval Foyal et un troisième Prix de composition chorale organisés par l’AMIC.

Il a publié, Zouki d’ici danse et La fugue de Sopaltéba en 2007 ; Ti-dikoBrevet de Brillance, Yé krik yé krak, Bouladjel, et Louna et le sorcier/Louna ek tjenbwazè a  en 2008 et Les contes de Layou en 2009. Il publie dans l’hebdomadaire Antilla les rubriques en créole, « Kréyolad » et « Bèl Povèb kréyòl ».

 

 

 

Ce roman qui, à première vue se présente comme une fiction sur le zouk personnifié par le protagoniste Zouki, ne se contente pas d’interroger la hiérarchisation que nous établissons entre nos diverses créations musicales. Il met à nu des états psycho-sociaux dont les caractéristiques renseignent sur les complexités du rapport et du regard que les Martiniquais ont avec et sur des artéfacts culturels censés les représenter parce que produits par eux. Le dénigrement qu’assume le collectif à l’encontre de Zouki qui fonctionne également comme un trope de la population martiniquaise, est la métaphore de l’autodénigrement martiniquais. Ce fait psychologique et sociatrique est minutieusement analysé par Judes Duranty. Au dénigrement, Zouki oppose la mémoire donc la conscience, l’exigence, la rigueur, le travail et l’amour. Tout en posant de cruciales questions concernant l’actuel statut et l’avenir du zouk, Zouki d’ici danse nous renvoie à la fois à nos insuffisances et à nos grandeurs.

Marie-Denise GRANGENOIS est formatrice à l’Institue Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) de Martinique. Elle est passionnée de littérature et plus particulièrement de littérature du monde noir. De 2000 à 2008 Marie-Denise Grangenois a présenté sur des chaînes de TV locales des chroniques littéraires et a animé pendant deux ans sur Antilles télévision une émission littéraire « Danse avec les mots ». 

 

 

 

 

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 18:35
Photo Jude Louna et le sorcier couv
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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 05:24

Kettly MarsSAISONS SAUVAGES

Kettly Mars

Kettly Mars nous ramène dans une période sauvage d’Haïti, celle des années soixante sous le règne du terrible docteur président, Papa Doc. Papa Doc applique le remède noiriste à la première république noire qui va faire empirer son mal. (

En inoculant partout les Volontaires de la Sécurité Nationale la terreur va s’installer dans le pays où l’on ne connaît plus la véritable identité des gens. Cette terrible répression va conduire des opposants à la disparition pure et simple dans les bayahondes mais le plus impressionnant à Fort Dimanche, prison d’où l’on n’y revient pas. Daniel Leroy opposant farouche de Duvalier va y entrer pour toujours. Nirvah sa femme, va tout faire pour avoir de ses nouvelles.  Elle va de compromission en trahison suprême pour connaître la vérité sur son mari. Elle fera l’expérience, à ses dépens, de l’opulence, le gout du sang provenant de l’intérieur du Palais National fait d’intrigues, de trahisons de coups pendables de ministre véreux, plein aux as de dollars mais toujours insatiable.

Kettly Mars nous tient en haleine de la première à la 294ème page du roman. Nous sommes poussés page par page pour tenter de connaître la suite d’une histoire où le suspense est garanti au fil des 50 chapitres. Nous découvrons des mulâtres « les vrais mulâtres s’occupent à faire fructifier leur fortune », des macoutes « il y en a de tous les épidermes. Mulâtres, grimaud, griffes, marabouts, noirs, très noirs. Le pouvoir n’a pas de couleur ni de taille ». La présence du vodou jusque dans le Palais National et pas seulement dans le « péyi an déyò ». La trahison « Il n’y a donc aucun espoir, les racines de la dictature s’enfoncent chaque jour plus loin dans la terre d’Haïti » Cette absorption par petite touche, à la petite cuillère, nous fait avaler une histoire parfois au goût amer avec des descentes de police. Toutes ces sensations olfactives sont mêlées de fragrances de bougainvillées, de parfums de mangues ou de goyaves.

 

Nirvah en vraie femme ou pute selon l’angle d’attaque, tente d’assumer comme elle peut sa posture. « Pour faite la pute, il faut être une vraie femme, une vraie chate entre ses jambes et savoir s’en servir. Tout l’argent du monde ne retient pas un homme insatisfait. Macoute ou pas macoute ». Une femme abusée a t’-elle le choix ? Raoul, le Secrétaire d’état semble répondre concluante : « Les femmes sont toutes des salopes… »  Nirvah est-elle une « salope » qui connaît le prix à payer pour sauver sa peau  quand elle connaît quotidiennement la peur. « Maintenant la peur couche dans mon lit, je la baise, lui donne du plaisir, je profite de ses largesses. »

Dans le total dénuement qu’est-ce qu’une belle femme peut mieux faire que jouer de son attirance ?

Voici donc un roman sur la condition de la femme haïtienne sous la dictature. Cette condition a-t-elle changé aujourd’hui dans un pays où la promotion semble passer par le Palais National au gré des envies de la bourgeoise Port-au-Princienne. Avec ce 4ème roman, après L’Heure hybride, Kasalé, et Fado, Kettly Mars nous livre un magnifique roman où comme dans l’Heure hybride l’homme comme la femme, peut basculer sauvagement dans l’horreur sans voir à quel moment et ceci en toutes saisons.

 

Kettly Mars sera en Martinique à la Bibliothèque Schoelcher, au Campus Universitaire pour rencontrer ses lecteurs et les femmes de L’Union des Femmes de Martinique. Elle sera en dédicace mercredi à la librairie Alexandre.

 

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 17:24

LA FUGUE DE SOPALTEBA

 

 

 

Jid jwenn Jude DURANTY ki fini sòti an  dézièm  roman kay Edision Edilivre « La fugue de Sopaltéba ».

Sé lèktè MONTRAY la konnet bien Jid éti ki dépi févriyé 2004 ka vréyé Kréyolad, alé liron adan ANTILLA. Jid konnet bien Jude Duranty, i pofité pou bokanté yonn dé mo épi’y.

 

Jid : Apré « Zouki d’ici danse » aux Editions Ibis Rouge ki paret en mé 2007,  7 mwa apré ou ka fè sòti an lot liv, sa ki rivé’y ou ni an maladi ékriti?

 

Jude DURANTY  : Man pa sav vréman. Mé pou man réponn ou, man ké di’w sé prèmié liv man matjé. Travay-tala mandé mwen pasé katran pou li, riékri, réfasé sa’w ja fè, déviré ékri pou ba sé lektè a, an liv asou lavwa an jénéral mé asou sirtou chanté. Man vréyé maniskri a ba pliziè éditè, mé sa pa té an gou-yo. Sa permet mwen ritouché’y, ritravay teks la (makak pa janmen ka trouvé ich-li lèd). Fo di teks la té tibren red ba moun ki pa konnet pies chan koral. Falé té palé di an domèn ki trè teknik san anmerdé moun.

Pou an moun ka matjé, sa toujou red lè yo ka rifizé an maniskri ta’w. Mé lavi ka montré’w ki an non pa toujou an mové bagay. Dèlè,  lè yo rifizé’w an bagay sé an servis yo rann ou. Mé ou ka wè sa apré. Sa ka édé’w grandi, vini pli mi pas délè nou matrité ek nou konprann nou ja mi. Jòdi jou liv-tala ki pa an roman mé sa man kriyé an rakontaj. Ni éditè ki trouvé sa entérésan, mé yo fè lentérésan yo pou di mwen : « votre ouvrage n’entrait pas dans notre politique éditoriale ».

Man té toujou anvi palé di an bagay osi teknik ki lavwa san sa tro difisil, man pa sav si man rivé, sé zot ki ké di mwen lè zot ké li’y.

 

Jid : Ou sòti matjé anlè Zouk atjelman sé lavwa, es mizik sé sel koté éti ou alèz, ek ka enspiré’w?

 

J.D : Ja ni pasé karantan man ka chanté lakoral é man la toujou. Sa permet mwen dékouvè an mal enstrimen ki danjéré danjéré. Zot sav ki lavwa sé sel enstrimen ki ou an kò’w. Kisiswa mizik la ou lé fè a, fok ou alé pran enstriman mizik ou, tanbou, flit, pianno, gita….Lè ou ka chanté ou pa bizwen alé chaché enstriman pis ki vwa’w sé an enstriman mizik. Vwa’w andidan kò’w. Lè ou fini jwé ou pa ka dépozé’y pas ou ka sèvi’y pou palé.

 

Jid : Sopaltéba, koté ou alé chaché kalté non-tala pou metpiès ou a ?

 

J.D : Pies pas, Sopaltéba sé pliziè non man fè an sel épi’y. Sé nom vwa fanm  soprano, alto, épi vwa nonm ténor épi basse. Sopaltéba sé tout sé vwa tala an sel kou. Tou sa ké fè ki sé ké an personaj konplex, extraordinè ki ni prop la vi’y. I ké jik bandoné Vociféran oti i té yé.

 

Jid : Kidonk Sopaltéba ka envité moun pati vwayajé alow ?

 

J.D : Sopaltéba ka fè moun vwayajé dan an lot lépok, éti ou ka jwenn artis ka fè opéra lamenn apré ladjè-a. Mé i ka fè’w vwayajé dans lespas éti lèktè a ka dékouvè Matinik mé i ka kouri lapikoré dan le mondantié pou chanté épi dé mal chantè épi chantèz. Lèktè a  ant chan, vol kon an zibié ka brennen an tout sans adan an linivè mizikal ki kité rich ka alé.

.

Anni kouté sa tibren Sopaltéba : « La pè sa ou pa konnet an menm balan sa ou sav ki an bon mizik ki bon pou’w……Chak fwa ou rété, ou résouflé mé an menm balan a ou cho viré plonjé dan profondè an chanté ka rann ou bien an manniè obidjoul. Man ka chanté tout lajè ek londjè chenn chanté mwen pou lé zòm rivé trapé lapé »

 

Jid : Ki tan épi ki koté nou ké pré trouvé liv-tala ?

 

J.D : Avan man réponn ou, fok man di’w ki lapo liv mwen an sé Patricia Bafin ki fè’y. Zot ké trouvé liv-la, la Libréri Aleksann atè Fòdfrans dépi débi mwa mas la. Sé manmay MONTRAY la ké sav lè nou ké prézanté liv-la pou premié fwa.

 

Jid : Mèsi pou prézantasion-tala yo di pawol kout fini vit, mé man anvi sav tibren plis ?

 

 

J.D : Ou sav sa ou rété pou fè. Kouri désann la libréri Aleksann sé sel koté zot ké pé jwenn li. Man ka bout la, épi man ka di zot bon lekti.

 

 

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 03:12

Article F A Mag

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 00:52

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 05:54

Article paru dans Le mag du 10 au 16 octobre 2009 par Barbara OREL

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