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23 octobre 2022 7 23 /10 /octobre /2022 22:11
La musique créole au sein de l'Eglise de Martinique

DE L’EGLISE

Le Concile Vatican II a proposé l’usage des langues vernaculaite dans le quotidien liturgique des diocèses. Ce phénomène d’inculturation né dans les années soixante, s’est matérialisé au sein de l’Eglise de Martinique avec la Missa Antilla des Pères Louis Elie et Antoine Maxime. Ce premier mouvement marquant la nécessité de prendre en compte notre langue créole.

Plus près de nous dans les années 2005 le mouvement Bèlè Légliz avec les Pères Monconthour, Anderson et d’autres a confirmé cette prise en compte de la culture et de la religion. Son expérience tend à valoriser les valeurs communes entre Bèlè, culture biblique et la Tradition de l’Eglise.

L’auteur-compositeur de musique liturgique ne peut donc ignorer cette prise en compte de la langue créole.

Il me semble que la musique étant nécessaire pour les rites. La musique de notre peuple revêt une dimension particulière car elle a permis aux martiniquais(e)sde s’affirmer en tant qu’être humain lorsque d’autres voulaient le réduire à l’état d’animal et de meuble.

La composition permet également l’épanouissement de son être au sein de la liturgie. Le fidèle martiniquais est en mesure d’utiliser tout son être en priant par le chant. Disposant de deux langues, pourquoi devrait-il en laisser une sur le parvis ?

Cela fait plus de 30 ans qu’en ma qualité de compositeur et de chef de chœur liturgique avec la Chorale l’Orchidée de Schoelcher nous participons à ce mouvement d’introduction du chant en créole dans la liturgie. Avec la Chorale l’Orchidée de Schoelcher nous avons été critiqués sur la présence d’autant de chants créoles lors de l’animation des messes. Certains appréciaient beaucoup rouspétaient ou ne participaient pas. Nous avons eu une expérience « homéopathique » consistant à introduire un ou deux chants puis vers juillet de faire la messe du chant d’entrée à l’envoi en créole. Cette expérience a été mieux accueillie.

L’apport du chant en créole dans la liturgie peut participer à aider à l’alphabétisation en créole des fidèles. En effet, n’ayant pas été alphabétisés, parfois on les interdisait de pratiquer cette langue qui constitue aujourd’hui une blessure. Le chant en créole peut donc aider à cette « guérison » à condition que le fidèle soit conscient de cette blessure infligée par nos prédecesseurs.

Je remercie Eglise en Martinique de me donner l’opportunité de parler de mes compositions (295) mais il faudra un jour que chanter en créole et en français soit naturelle dans le chant liturgique et ne soit plus un questionnement sur cette nécessité d’épanouissement.

« Chantez en l’honneur du Seigneur un chant nouveau ; gens du monde entier, chantez pour le Seigneur » nous dit le psaume 96

Ki tan nou ké louwé Bondié épi lang nou tou ?

Jude DURANTY

Auteur-compositeur de musique liturgique à l’issue d’une formation qui a débuté au SERMAC avec Claude Césaire comme professeur d’harmonie il a rencontré en 1992 la directrice de la fanfare du 33ème RIMA Annie Legeay puis plusieurs stage au Centre National de Pastorale Liturgique  lui ont permis de rencontrer l’auteur Didier Rimeaux et de prestigieux chef de chœur en Martinique (Edouard Boniface, Germain Kanuti) et à travers le monde Christian Villeneuve, Alain Langrée,, Michel Utard, Erwin List (France) Michel Veutehey (Suisse) Alberto Grau, Michel Eustache, Cesar A Camilo (Venezuela) Electo Silva, Maria Felicia Perez (Cuba) Tori Robinson (USA)

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