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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 23:07

 

Pourquoi penser le zouk :

S’étant manifesté au public à la fin des années soixante-dix, le zouk qui procède de l’ingéniosité artistique et créatrice de Martiniquais et de Guadeloupéens, est survenu dans des sociétés en transmutation économique, politique, sociologique et psychosociologique. Bousculant les idées admises sur les concepts, la représentativité et la représentation de l’identité et de la culture ; contribuant de manière inattendue à situer la Martinique et la Guadeloupe dans leur ère postmoderne et constituant irréversiblement le phénomène témoignant le plus patemment de la gémination des rythmes du passé et de ceux envisageables à l’avenir ; le zouk a, dès son introduction, constitué un stimulus provoquant des réactions extrêmes articulées discursivement par la génération la plus adulte. Les réactions sont à ce jour vives mais surtout dichotomiques et indiquent les états d’esprits générationnels. Il est de même commun que le zouk soit préjudicié au profit de formes musicales allochtones. Pourtant, cette manifestation culturelle présente d’une part, une homothétie culturelle et identitaire directe puisqu’elle prend source dans le centre homothétique traditionnel et d’autre part, elle survient comme survinrent en leur temps les attributs qui distinguent la personnalité martiniquaise et guadeloupéenne, soit de manière imprévisible, étonnamment grandiloquente, confondante et originale. Ainsi, dans le contexte de la société martiniquaise de plus en plus en relation élargie avec le monde globalisé, il est essentiel d’en étudier les linéaments, d’en examiner la signifiance sur le plan culturel, sociologique, philosophique, ethnologique, économique et psychologique.

 

 

 

 

« Penser le zouk », symposium pluridisciplinaire organisé et dirigé par Hanétha VETE-CONGOLO, avril-novembre 2010, Bibliothèque Schœlcher, Martinique

 

 

Commission scientifique

 

Présidente, Hanétha VETE-CONGOLO

 

Jean-Georges CHALI

Dominique CYRILLE

Patricia DONATIEN-YSSA

Olivier PULVAR

Juliette SMERALDA


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 26 novembre

Café littéraire : Zouki : d’ici danse (Ibis rouge, 2007)

Auteur : Jude DURANTY

 

Rapporteur critique : Marie-Denise GRANGENOIS, enseignante, IUFM

Des bouquets sonores pour accueillir la belle et ravissante Zouki. « Cette si belle donzelle, à son passage, vous peignait les yeux d’une couleur si spéciale ». La musique proposée par les gens d’ici n’étant pas à son goût. Très vite elle délaisse « bò lakay » sa terre natale, terre d’accueil des sinistrés du volcan et terre de l’insolite cocotier à deux têtes, pour gagner l’en ville puis l’Autre bord. Elle connaîtra la célébrité et se verra comme par enchantement issue d’une grande famille. Mais toute cette « famille » l’aime-t-elle vraiment? Pourra-t-elle supporter les jalousies suscitées par sa notoriété? Saura-t-elle résister au terrible fléau du dénigrement? Elle veut faire partager son succès aux siens. Elle revient rencontrer sa famille et nous ouvre son album photos ou faire connaissance de sa véritable génération. Zouki est contrainte de revenir au pays parce qu’elle est convaincue que « c’est ici qu’elle pourra trouver un homme dous kon siro ». Peut-on préparer en dehors d’ici, un café qui n’est pas que du tjòlòlò?

 

Jude DURANTY (Jid)  est directeur de la bibliothèque municipale de Schœlcher. Auteur-compositeur, il a obtenu un troisième prix de Valse au Concours de la chanson créole en 1998 organisé par Carnaval Foyal et un troisième Prix de composition chorale organisés par l’AMIC.

Il a publié, Zouki d’ici danse et La fugue de Sopaltéba en 2007 ; Ti-dikoBrevet de Brillance, Yé krik yé krak, Bouladjel, et Louna et le sorcier/Louna ek tjenbwazè a  en 2008 et Les contes de Layou en 2009. Il publie dans l’hebdomadaire Antilla les rubriques en créole, « Kréyolad » et « Bèl Povèb kréyòl ».

 

 

 

Ce roman qui, à première vue se présente comme une fiction sur le zouk personnifié par le protagoniste Zouki, ne se contente pas d’interroger la hiérarchisation que nous établissons entre nos diverses créations musicales. Il met à nu des états psycho-sociaux dont les caractéristiques renseignent sur les complexités du rapport et du regard que les Martiniquais ont avec et sur des artéfacts culturels censés les représenter parce que produits par eux. Le dénigrement qu’assume le collectif à l’encontre de Zouki qui fonctionne également comme un trope de la population martiniquaise, est la métaphore de l’autodénigrement martiniquais. Ce fait psychologique et sociatrique est minutieusement analysé par Judes Duranty. Au dénigrement, Zouki oppose la mémoire donc la conscience, l’exigence, la rigueur, le travail et l’amour. Tout en posant de cruciales questions concernant l’actuel statut et l’avenir du zouk, Zouki d’ici danse nous renvoie à la fois à nos insuffisances et à nos grandeurs.

Marie-Denise GRANGENOIS est formatrice à l’Institue Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) de Martinique. Elle est passionnée de littérature et plus particulièrement de littérature du monde noir. De 2000 à 2008 Marie-Denise Grangenois a présenté sur des chaînes de TV locales des chroniques littéraires et a animé pendant deux ans sur Antilles télévision une émission littéraire « Danse avec les mots ». 

 

 

 

 

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